À propos d'André

Ce que fait cet outil, qui le développe, sur quelles données il s'appuie — et, tout aussi important, ce qu'il ne sait pas faire.

Ce qu'est André

André est un agent conversationnel spécialisé dans l'analyse des élections françaises. On lui pose une question en français — « quels bureaux de vote de Marseille ont le plus basculé entre 2022 et 2024 ? » — et il va chercher les données lui-même, les agrège, les cartographie, puis rend une réponse argumentée.

La nuance a son importance : ce n'est ni un moteur de recherche, ni un tableau de bord de plus. C'est un analyste. Il choisit ses requêtes, vérifie ses ordres de grandeur et — c'est peut-être le principal — il vous dit quand les données ne permettent pas de conclure.

Le périmètre : tous les scrutins nationaux et locaux depuis 1999 — présidentielles, législatives, européennes, régionales, départementales, municipales — au niveau du bureau de vote, soit une cinquantaine de tours de scrutin sur quelque 70 000 bureaux.

Le nom est un hommage à André Siegfried, dont le Tableau politique de la France de l'Ouest (1913) a fondé la géographie électorale française. L'acronyme — Analyseur Neuronal de Données Référentielles Électorales — est venu après, et j'assume la coquetterie.

Pourquoi cet outil

Les résultats électoraux français sont publics, gratuits et téléchargeables depuis des années. En théorie, n'importe qui peut les analyser. En pratique, presque personne ne le fait — parce qu'entre un fichier de plusieurs millions de lignes au format ministériel et une phrase du type « la gauche progresse dans les quartiers populaires de la 2e circonscription », il y a un fossé de compétences techniques que l'immense majorité des gens concernés n'a aucune raison d'avoir franchi.

C'est ce fossé qu'André cherche à combler. Non pas en simplifiant l'analyse, mais en automatisant ce qui, dans l'analyse, relève du travail de plomberie.

Qui je suis

Je m'appelle Joël Gombin, et je regarde des résultats électoraux depuis une vingtaine d'années.

D'abord en science politique : j'ai travaillé longuement sur la sociologie électorale du Front national — une thèse que je n'ai jamais soutenue, ce qui est une autre histoire — et publié Le Front national (Eyrolles, 2016), ainsi que divers articles et notes, dans Slate, au Monde diplomatique ou pour la Fondation Jean-Jaurès. Mes travaux universitaires sont déposés sur HAL.

Ensuite du côté de la donnée et de la tech, au fil de plusieurs aventures entrepreneuriales. J'ai cofondé Opsci en 2014 — un laboratoire d'intelligence numérique qui décrypte les dynamiques narratives en ligne —, puis Datactivist, une coopérative de conseil en open data que j'ai dirigée pendant huit ans, et plus récemment Kutsh, qui automatise la vérification de conformité en urbanisme. J'ai par ailleurs coordonné, jusqu'au printemps 2026, le Lab IA de La Plateforme, l'école de code marseillaise.

André est né au croisement de ces trois vies : la familiarité avec le terrain électoral, la pratique quotidienne de la donnée publique, et l'arrivée d'outils d'IA capables — enfin — de manipuler correctement un tableau de chiffres.

Une précision, parce que la question revient souvent : j'ai des convictions politiques, plutôt à gauche, et je ne les cache pas. Mais André n'est pas un outil militant. Les chiffres qu'il produit sont ceux du ministère de l'Intérieur, ses méthodes sont documentées ci-dessous, et il sert aussi bien un journaliste qu'un chercheur ou un candidat — de quelque bord qu'il soit.

Comment ça marche

Trois briques.

Les données sont pré-agrégées dans une base analytique qui tient les résultats de tous les scrutins, la géographie administrative, les contours des bureaux de vote et le profil sociodémographique de chacun d'eux. Rien n'est recalculé à la volée sur des fichiers bruts : les requêtes sont rapides parce que la structure a été pensée pour elles.

L'agent est un modèle de langage (Claude, d'Anthropic) auquel on a donné des outils dédiés plutôt qu'un accès libre à la base : interroger un scrutin, classer des bureaux, produire une carte, croiser avec la sociodémographie. Il compose ces outils lui-même, selon la question posée.

La méthode, elle, vient de la sociologie électorale et non de l'informatique. Quelques principes structurants :

  • les scores sont calculés en pourcentage des inscrits par défaut, et non des suffrages exprimés — sans quoi on confond une percée réelle avec un simple effet d'abstention ;
  • les nuances politiques sont regroupées en familles (gauche, centre, droite, extrême droite) selon une grille explicite et stable, jamais improvisée au cas par cas ;
  • les typologies s'appuient sur l'analyse factorielle et la classification automatique, dans la lignée des travaux de Frédéric Bon et Jean-Paul Cheylan ;
  • quand un découpage change — les cantons entièrement redécoupés en 2015, la réforme du scrutin municipal à Paris, Lyon et Marseille en 2026 —, André le signale plutôt que de comparer ce qui n'est pas comparable.

Ce qu'André ne sait pas faire

Autant le dire tout de suite, cela évitera des déceptions.

Il ne prédit rien.
André analyse ce qui s’est passé. Il n’est ni un sondage, ni un modèle prévisionnel — et il vous le dira si vous le poussez dans cette direction.
Il ne connaît pas les intentions des électeurs.
Il travaille sur des agrégats territoriaux. Constater qu’un bureau très populaire vote massivement pour tel candidat ne dit rien de certain sur le vote des catégories populaires en général : c’est le sophisme écologique, et il guette toute analyse à cette échelle.
Les données sociodémographiques sont des estimations.
L’INSEE ne publie pas au bureau de vote ; les variables y sont réparties depuis les IRIS au prorata des logements. C’est robuste en moyenne, plus fragile au cas par cas.
Les contours des bureaux de vote datent de 2022.
Ils sont eux-mêmes reconstruits automatiquement, et ne reflètent pas les redécoupages postérieurs.
Et il peut se tromper.
C’est un modèle de langage : il lui arrive de mal lire un tableau ou de sur-interpréter un écart. Les sources sont indiquées pour que vous puissiez vérifier. Vérifiez.

Les sources

André ne produit aucune donnée primaire : il exploite des jeux publics, presque tous sous licence ouverte. Les voici, tous, avec leur producteur et leur licence.

Résultats électoraux

Le socle : les résultats officiels, au bureau de vote, et leur codage politique.

  • Résultats électoraux par bureau de vote (1999–2026)

    Ministère de l’Intérieur et des Outre-mer

    Les résultats officiels de tous les scrutins nationaux et locaux depuis 1999 — présidentielles, législatives, européennes, régionales, départementales, municipales — au niveau du bureau de vote.

    data.gouv.frLicence Ouverte / Open Licence 2.0
  • Codage politique enrichi (FERD)

    Florent Gougou, Sciences Po Grenoble

    La French Election Results Database propose un codage politique à trois niveaux, nettement plus fin que les nuances officielles du ministère — indispensable dès qu’on veut comparer des scrutins entre eux.

    Disponible pour un sous-ensemble de scrutins seulement (européennes 2024, législatives 2022 et 2012, présidentielle 2022).

    Gougou, F. (2024). « The French Election Results Database (FERD) ». Data & Methods Collection, Revue 3. https://doi.org/10.60527/revue-3/3985

    data.sciencespo.frAccès restreint (CDSP Sciences Po)

Élu·es et mandats

Qui a été élu, où, quand et sous quelle étiquette — de 1958 à aujourd’hui.

  • Base Révisée des Élu·es de France (BRÉF)

    Vincent Labatut, Noémie Févrat, Émilie Volpi, Guillaume Marrel

    Les mandats de l’ensemble des représentants élus en France sous la Ve République, consolidés à partir du RNE, de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Parlement européen.

    Labatut, V., Févrat, N., Volpi, E. & Marrel, G. (2025). BRÉF — Base Révisée des Élu·es de France (v2.2.1). Zenodo.

  • Répertoire National des Élus (RNE)

    Ministère de l’Intérieur et des Outre-mer

    Les élu·es en exercice depuis 2020, mis à jour trimestriellement. Il complète BRÉF sur la période récente.

    data.gouv.frLicence Ouverte / Open Licence 2.0

Géographie administrative

Communes, intercommunalités, départements, régions, et les contours qui vont avec.

  • Découpage administratif (communes, EPCI, départements, régions)

    INSEE / Etalab

    Le référentiel des collectivités et de leurs rattachements, qui permet d’agréger proprement du bureau de vote jusqu’à la région.

    data.gouv.frLicence Ouverte / Open Licence 2.0
  • Contours administratifs (Admin Express COG)

    IGN / Etalab

    Les limites géographiques officielles des communes, départements et régions, utilisées pour toutes les cartes produites par André.

    data.gouv.frLicence Ouverte / Open Licence 2.0
  • Géométries des bureaux de vote

    Makina Corpus

    Le contour des bureaux de vote n’existe nulle part officiellement. Il est reconstruit automatiquement à partir des adresses des électeurs (Répertoire Électoral Unique), des bâtiments d’OpenStreetMap et de diagrammes de Voronoï contraints.

    Millésime 2022 : les redécoupages postérieurs ne sont pas reflétés. Les 187 bureaux absents de cette source ont été reconstruits selon la même méthode pour André.

    data.gouv.frLicence Ouverte / Open Licence 2.0

Données sociodémographiques

Le portrait social des territoires, ramené à l’échelle du bureau de vote.

  • Recensement de la population 2022 et Filosofi 2021

    INSEE

    Âge, catégories socioprofessionnelles, diplômes, logement, revenus et pauvreté, publiés à l’échelle de l’IRIS.

    insee.frLicence Ouverte / Open Licence 2.0
  • Profil sociodémographique des bureaux de vote

    André (à partir de l’INSEE et de l’Observatoire National des Bâtiments)

    L’INSEE publie à l’IRIS, jamais au bureau de vote. Les variables sont donc réparties de l’IRIS vers le bureau de vote au prorata des logements recensés dans chaque bâtiment. Ce jeu de données dérivé est republié en accès libre.

    France métropolitaine seulement. Et ce sont des estimations, pas des mesures : un bureau de vote n’est pas une zone de recensement.

    data.gouv.frLicence Ouverte / Open Licence 2.0

Toutes ces données sont publiques : vous n'avez pas besoin d'André pour y accéder, les liens ci-dessus mènent aux jeux originaux. Si vous citez une analyse produite par André dans un travail publié, citez ces sources-là.

Par où commencer

Me contacter

Un bug, une analyse qui vous paraît fausse, une question, une envie de collaborer ? Le plus direct est le bouton de retour intégré à l'application — les messages me parviennent aussitôt, et une analyse erronée signalée est une analyse que je peux corriger. Sinon, par courriel : andre@andre.vote.

Le code d'André n'est pas ouvert, mais une partie de mes autres travaux l'est : github.com/joelgombin.